Les peintres invités

TIBOUCHI

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Hamid Tibouchi, peintre et poète, est né en 1951 en Algérie. Etudes au lycée de Bougie, puis à l'Ecole Normale Supérieure d'Alger. D'abord assistant de français en Angleterre, il enseigne l'anglais près d'Alger avant de s'installer en France où il vit depuis 1981, date à laquelle il se consacre essentiellement à la peinture.

Hamid Tibouchi est sorti de l'enclos. A vrai dire, il n'y est jamais entré. Comme ses aînés Jean Sénac et Kateb Yéacine, Tibouchi a mis en place son décor rebelle, son "concile d'amour" et tous ses signes. Paisible, solitaire, solidaire, il vient à notre rencontre avec son théâtre de l'utopie en mots qui dégringolent, en toiles roulées prêtes au voyage...

Alain SIMON


 


Principales expositions

Depuis 1980, Tibouchi a participé à de nombreuses expositions collectives en Algérie (1980), en Tunisie (1981), en France (1983-1999), en Suisse (1983), aux Etats-Unis (1991, 92, 93), en Jordanie (1994), au Maroc (galerie Al Manar, 1996)...

1987 :
Centre culturel Anne Frank, Bagnolet
1989 :
Centre culturel algérien, Paris
1990 :
"La Salicorne", Saillé (France)
1992 :
Galerie Régine Deschênes, Paris ; Dannenberg Gallery, New York ; Ajuntament de Sabadell, Barcelone
1994 :
Galerie Christine Marquet de Vasselot, Paris ; "Le Vélasquez", Marseille
1995 :
Art Vue, New York ; Espace Tanit, Paris
1996 :
Prado Médical, Marseille.


Prix du Public au Salon Découvertes 94.


Bibliographie

Tibouchi a illustré un grand nombre de livres et revues et réalisé de nombreux livres d'artiste. Il est l'auteur de plusieurs recueils et plaquettes, notamment Mer ouverte, éd. Caractères, Paris, 19973 ; Soleil d'herbe, éd. Guy Chambelland, Paris, 1974 ; Parésie, ed. de l'Orycte, Paris, 1982 ; Pensées, neige et mimosas, La Tarente, Paris, 1994 ; Giclures, La Tarente, Paris, 1995 ; Herbes rousses, Livre unique, 1999. Il collabore à divers périodiques français et étrangers (Esprit, Europe, Solaire, Algérie Littérature/Action, Poésie I, Traces, Fanal, Le Journal des poètes, Alif, 25 Mensuel, Ecriture, La Sape, Athanor...). Bon nombre de ses textes ont paru dans divers ouvrages, anthologies et manuels scolaires.

… Les peintures, dessins et monotypes de Tibouchi nous parlent par signes plus que par images - signes d’une écriture détournée qui quitte la feuille pour habiter les talismans, se couler dans une géologie mouvementée, suivre le cours des rides et des fleuves immémoriaux.Ce sont les signes d’un monde en train de se faire, d’un monde originel et placentaire qui ne s’est pas encore solidifié, qui ne parle pas encore par ses montagnes, ses déserts et ses cours d’eau, mais balbutie par phasmes et messages bactériens.

Dans ce monde des ébats libres du plaisir intense et brut, c’est l’enfance qui orchestre tout, intronisant le ludique.Tibouchi recherche le cri inaugural, les gestes premiers, les gestes gratuits comme de la femme berbère traçant sur ses poteries ces signes d’une profonde familiarité mais dont le sens lui échappe.Il recherche le monde pollinique et abyssal, éden de mucus et d’algues, vert paradis de ceux pour qui l’âge adulte (celui de l’homme et celui du monde) est une irrémédiable défaite…

Tahar DJAOUT

Loin de tous les poncifs "trompettards", Hamid Tibouchi, poète de la simplicité même (cette simplicité qu'il sait nous rendre si riche et savoureuse), mise beaucoup plus sur le quotidien. Ses courts poèmes se caractérisent par une certaine retenue qui préfère à l'engagement-ballon-de-baudruche l'expression du sentiment essentiel. Il y a dans sa poésie un solstice grésillant.Un jaillissement abyssal que rien ne peut réprimer et qui biffe le ciel d'un large sillon de sel. Il y a surtout ce souffle qui remue les entrailles, ce souffle gros d'une léthargie solaire, ce souffle qu'on ne peut pas définir et qui est la poésie.

Tahar DJAOUT

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