On sait quil existe depuis plusieurs
années dans le nord du Maroc (Tanger, Tétouan) une école, au moins un groupe, de
peinture figurative rassemblant un certain nombre dartistes qui travaillent,
histoire oblige, dans la mouvance de lacadémisme espagnol. Mais il y a aussi, dans
cette région, un peintre dont le travail transcende toutes les influences reçues.Un
peintre à propos de qui la notion de frontière, et même dorigine géographique,
na vraiment aucun sens : il sagit bien sûr dAbdelkrim Ouazzani.Sa
peinture, et sa sculpture, parfaitement originales, échappent aux classifications de
routine, comme lesprit denfance dont elles se réclament, dans le libre
jaillissement de sa fantaisie.
Ouazzani dit souvent que sa sculpture est une
peinture en trois dimensions, car il recouvre ses structures métalliques de toile,
quil peint : tableaux-sculptures, toiles-volumes, oeuvres dans lesquelles le
volume complète la matière : aucun autre plasticien ne sest aventuré aussi loin,
au Maroc, dans cette direction.
A. G.
Ouazzani : lart, et le plaisir
Ouazzani crée un art pour jouer, sentir,
participer. Un art à partir duquel le public peut jouir du plaisir de retrouver enfin les
sentiments encore intacts, non manipulés, de son enfance.
J. Clara MINET
Ouazzani vu par
Kacimi
Ouazzani est un artiste contemporain qui
interroge les possibilités dune écriture spatiale, intemporelle.Une rêverie.Il
théâtralise des figures qui sont prêtes à jouer un rôle dans le jardin du regard, un
rite de transfiguration, jeu réinventé comme poésie qui se déploie, évolue,
sécrit, dans un mouvement giratoire qui revient sans cesse à son propre centre
comme point dappui ou de référence.
Un centre à la recherche de son équilibre.
Les sculptures de Ouazzani sont sans
fardeau.Elles se désaxent, se reconstruisent pour retrouver le geste initial, elles sont
des ombres portées, une métaphore de la transparence ayant une existence fragile ;
écriture aux gestes qui se perdent.
Le travail de Ouazzani se fait presque par une
loi naturelle.Il utilise le principe dun rythme vacillant, combinatoire, mouvement
fondamental, variation autour dun lexique simple, mais combien essentiel et
poétique, qui se reproduit selon des schémas obsessionnels, une infinité de gestes,
dinventions.
La roue/cercle qui revient comme élément autour
duquel se structurent des lignes, des formes, des volumes.Les sculptures de Ouazzani ont
ce quelque chose dhumain, de fragile, elles sont presque transparentes.Elles
prennent le caractère dun arc-en-ciel, dune trace.
La présence du corps, les approches dune
matérialité qui sinscrit dans lhistoire de lhomme et de la dérision.
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Mohammed KACIMI
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