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"Dans sa peinture reposent toutes
les couleurs et tous les langages de la peinture, les forces, les
vérités et les mots."
Carmine BENINCASA
Mes paysages intérieurs
"Ma peinture, mes
objets peints sont l’expression de mes idées, de mes pensées,
de mes émotions et de mes sentiments.
Mon monde intérieur,
face au monde extérieur.
Chaque jour je crée,
je peinds, je sculpte, je dessine, je colle… Mon travail est un
compromis avec mon époque et aussi avec mon vécu,
et un compromis avec la peinture elle-même ; c’est un compromis
qui remplit complètement ma vie.
Ma peinture exprime ma fascination
permanente devant la beauté de la nature, des gens et des
objets….
Je ne suis jamais parvenu
à retenir le flux de sensations que fait naître en
moi le monde, mais j’ai appris à le connaître et à
le reconnaître."
Mohammed BENNANI
Rabat, janvier 1999

Un poète disait que
dans un poème il y a des phrases qui ne semblent pas avoir
été créées, mais qui semblent
s’être formées.Est-ce cette même parole
qui réveille, dans les puissances dormantes et cachées,
les voix de lumière qui jaillissent des plus récentes
œuvres de Bennani ? Ce qui était d’abord l’absence à
l’apparent s’exhale maintenant en une texture de lumière
sur ses toiles, une patine de couleurs sur ses bois, comme un fond
primordial en attente de cette voix que formule son geste, qui fait
signe en une peinture.Et c’est par cette opération — une
peinture qui "nous parle" — que notre propre regard fait
l’épreuve de reconnaître en lui un peu de sa poésie,
un peu de sa vie.
Alain Macaire, 1989
L’aspect "naturel"
[de ces toiles] doit être entendu au sens où la Nature
elle-même, ciel, mer, sable, terre, semble présente
dans ces toiles ou ces bois.Un "matiérisme", digne
d’un Tapiés, par exemple, est constitué de pâtes
épaisses, retravaillées, en grattages, en rayures
ou en incisions.Elles se plissent et se rident jusqu’à évoquer
soit l’aspect rêche d’un mur ou celui, plus souple, d’une
draperie (…).
Mais c’est la couleur
surtout, sous forme des fonds nuancés et dégradés
de brun et de bleu, des contrastes d’ombre et de lumière,
des rehauts de blanc comme une griffe, des morsures soudaines du
rouge sanglant, qui séduit dans ces œuvres spontanées,
mais complexes, riches d’empreintes, mais cependant sobres, en un
mot présentant tous les caractères de la sincérité.
Simone BONNARDIN, La Cote
des Arts
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