Les peintres exposés en permanence

AZOUZI

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Mohammed Azouzi, né à Casablanca vers 1946 ; vit et travaille à Paris depuis 1970.

1967-1970 : Ecole des Beaux-Arts, Casablanca ;
1970-1971 : Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris ;
1971-1977 : diplôme supérieur d'art plastique de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris, Atelier Bertholle.

Azouzi (à gauche) et Souhail Ben Barka


Azouzi et Tatiana Soukhanova (galerie Al Manar)


Les Oeuvres

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Collections publiques

 

 

1978 : Acquisition d'une peinture par le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

1991 : Acquisition de quatre peintures par la Ville de Pantin

1993 : Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale, Paris


Expositions personnelles

1979 La Galerie, rue St André-des-Arts, Paris 1980 Galerie Louis Soulanges, Paris 1985 Maison Mansart, Paris 1988 Hôtel Saint-Aignan, Paris 1989 Ligue des Etats Arabes, Paris 1990, 1992 et 1993 : Galerie A.R., Paris 1993 Centre Culturel Algérien, Paris 1994 Fondation Taylor, Paris 1995 Galerie A.R., Paris 1997 Espace des Bains du Marais, Paris ; Galerie Al Manar, Casablanca 1999 Château Chanorier, Croissy-sur-Seine 2000 Galerie Al Manar, Casablanca


Expositions collectives

 

1970 Peintures-Tapis, Casablanca 1971 Arts-Espaces-Vie, Marly-le-Roi 1976 Salon des Réalités Nouvelles, Paris 1978 Hôtel de Ville, Paris 1979 Salon de l'ENSEA, Grand Palais, Paris 1981 Salon des Réalités Nouvelles, Paris 1982 Les Artistes Maghrébins de Paris, ICEI, Paris Festival International de la Peinture à Cagnes-sur-Mer (France) Salon de la Société des Artistes Français, Grand Palais, Paris Centre Culturel de Montreuil (France) 1983 Salon des Artistes de Pantin (France) 1984 Centre administratif de Pantin (France) 1985 Bilan d'Art contemporain, exposition itinérante, New York (USA), Scandicci (Italie) et Paris (France) 1987 Maison du Maroc, Paris 1988 Exposition Azouzi-Rahoule organisée par la galerie A.R. chez Bernard et Catherine Gueguen (France) Le Bicentenaire vu par, exposition itinérante France-Italie 1990 Exposition Azouzi-Rahoule à la Galerie Kuwano, Tokyo (Japon) 1991 Invité d'honneur au 15è Salon des Amis des Arts, au Centre administratif de Pantin (France) 1993 Invité officiellement à Moscou (Russie) à l'occasion de l'exposition des oeuvres acquises en 1991 par la Ville de Pantin 1994 Exposition Azouzi-Denis Oudet, Galerie A.R., Paris 1995 Exposition Azouzi-Mansour Ciss - Vaissirou Sarr, Valon du Villaret, France "La Peinture Marocaine dans les Collections Françaises", Banque Marocaine du Commerce Extérieur, Paris ; Exposition Azouzi-Denis Oudet-Murguiondo, Galerie A.R., Paris 1996 Les Rencontres d'AUDACE, 9 artistes contemporains à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Paris ; Exposition Azouzi-Clancy, Galerie A.R., Paris 1998 "Maroc contemporain : six peintres", Orsay ; "Peintres du Maroc", Busigny, Lille, Paris 1999 "Le Temps du Maroc", galerie Le Comptoir, Sète ; "Maroc contemporain : peinture et livres d'artistes", Dreux, Rambouillet, Croissy-sur-Seine 2002 "Maroc contemporain : peinture et livres d'artistes", De Markten/Al Manar, Bruxelles, Belgique

Bibliographie:

1994: Pour Hallaj, poème de Rabah Belamri accompagné par Azouzi, Ed. Lafabrie, Paris

1998: Ismaël et le chien noir, nouvelle de J-P. Millecam accompagnée par Azouzi, Ed. Al Manar, Paris-Casablanca

Azouzi, peintre et humaniste

Né en 1946 à Casablanca, Mohamed Azouzi, originaire du Sud (Tafilalet), est l'un des plus grands peintres actuels. Ses expositions ne se comptent plus : de Paris à Tokyo, Azouzi est reconnu comme un artiste capable de nous donner à voir autre chose que cette picturalité cyclique qui défigure les murs de la ville.

Azouzi est un visionnaire, l'ordonnancement des élémentarités qu'il étudie au fil de ses pinceaux et de couleurs chatoyantes implique une philosophie qui inscrit le sens dans la sobriété des formes ambiantes.

(…) Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'Azouzi mêle à l'ancien temps une historicité. Tout un univers s'érige en chants multiples et le chatoiement des couleurs ne le cède en rien à la fermeté de la maîtrise. Il est difficile pour quiconque ignore l'histoire du Sud d'entrer d'emblée dans ces arcanes que d'aucuns prendraient pour de l'exotisme. Voilà donc e que j'appelle une vraie peinture. Non seulement elle me donne à voir mais encore elle me rappelle un vécu plein de rêves multiformes et cette grande douceur de nos enfances à jamais disparues. La beauté infinitésimale des créations de l'esprit opère ici une refonte totale du caractère qui met en scène les signes annonciateurs du texte. Oui, il est question ici d'un véritable texte. Au demeurant, c'est la poésie qui sourd de ces tréfonds immémoriaux, de cette remontée vers l'air libre.

Il faudrait aussi dire que tous les signes peints sont une chorégraphie exemplaire. Chargés de rythmes, ils progressent et se rejoignent avec clarté. Un véritable ballet se met aussitôt en action. Fugaces et belles, les séquences donnent lieu à une représentation magique, à une visualisation de tous les instants. L'imaginaire s'espace en instances fortes du trait original qui les anime. Je gage qu'Azouzi sera bientôt reconnu au Maroc comme l'un de ses enfants les plus dynamiques. Car ses créations disent le souvenir de la terre natale.

Mohammed KHAÏR-EDDINE
Esprit, Paris, septembre 1991


Fureur et mystère

(…) On avait eu raison de miser sur Azouzi. Déjà il tient ses promesses. Loin de le stériliser, l'enseignement occidental (encore fallait-il tomber sur de bons maîtres) lui a fait pleinement prendre conscience de ses origines, l'a poussé à les revendiquer. Peut-on traiter d'abstraites ses compositions où les symboles, voire les caractères arabes, consciemment sollicités, s'incarnent en des harmonies colorées chaudes et subtiles ? Des ardeurs rougeoyantes aux délicatesses de la grisaille.

Jean-Marie DUNOYER, Le Monde, 4-5 mars 1979


Un sens aigu des rapports et de la lumière

En suivant depuis plusieurs années les approches, les bonds en avant, les reculs et enfin l'épanouissement de ce peintre marocain, j'ai ressenti un vif plaisir devant ses oeuvres nouvelles. Celles-ci prouvent qu'il a gagné avec ses dons, avec son travail et son opiniâtreté, une ouverture d'esprit. On peut dire a livré un combat, en luttant pour comprendre quelles étaient les sources profondes de son art.

Ce peintre puisant dans son ethnie a donc voulu, à travers elle, reconquérir sa personnalité dans la modernité. Si je dis que la lutte a été dure, c'est qu'il est assez mal porté dans cette époque de puiser dans son ethnie artistique et qu'il faut un grand courage pour continuer à s'exprimer dans le sens pictural et plastique.

J'insiste, en affirmant que le sens pictural et plastique doit être la seule constante dans l'art à travers le monde. Ce sens est mal porté, comme je le dis plus haut, parce qu'une certaine intelligentsia prétend que les moyens rapides de la communication promulguent l'internationalisation de l'Art.

Ces oeuvres sont de très belles qualités, d'expression et d'invention, la couleur est bien comprise en un sens aigu des rapports et de la lumière. Dans beaucoup de celles-ci on aperçoit une propension vers la monumentalité. Ses oeuvres sont très variées mais dans l'unité.

Je dirais avant de finir une chose : il n'est pas favorable de considérer cette démarche dans l'étroitesse du tableau de chevalet, car l'expression et l'écriture de ce peintre résident plutôt dans l'exécution d'objets peints ou de peintures murales.

Jean BERTHOLLE

Empreinte, Cahier n° 14,
AZOUZI, Editions Argraphie, Paris, 1985

 


Azouzi, peintre africain

Azouzi dit souvent qu'il est "un peintre de la vie quotidienne" ; il la reconstruit dans ses compositions au travers des lettres de l'alphabet arabe, des signes et des cryptogrammes berbères. Il n'est pas calligraphe. Il utilise la lettre parce qu'elle est un élément constitutif de sa propre culture mais la mise en valeur de sa beauté n'est pas pour lui une fin en soi. Il ne reproduit pas sur une toile les entrelacs et les courbes ou les versets du Coran qui décorent si magnifiquement les plus beaux monuments d'art islamique. Azouzi se sert de la lettre pour inventer des images. C'est cette volonté de dépassement de la tradition qui en fait un artiste éminemment moderne. Il refuse d'être enfermé dans une définition, une chapelle, ou même une appartenance nationale. Azouzi se considère d'abord comme "un peintre africain". C'est un artiste syncrétique qui emprunte une technique occidentale pour mieux transfigurer la lettre arabe et nous livrer une vision brûlante et parfois austère de l'Afrique Noire dont le sang berbère garde aussi la mémoire.

Pascal RÉCHARD, Galerie A.R., Paris

Mohammed Azouzi

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